Les professions libérales sont indemnisées si elles interrompent leur activité à cause du
Covid-19. Certaines caisses de retraite et de prévoyance libérales ont également décidé de
reporter, voire de suspendre, le prélèvement des cotisations.
À l’image des autres actifs, les professionnels libéraux bénéficient d’une indemnisation
exceptionnelle s’ils ont été déclarés positifs au Covid-19, s’ils ont été exposés au virus ou
s’ils sont contraints de garder leurs enfants à cause du confinement. Par ailleurs, des mesures
spécifiques ont été mises en place pour certains d’entre eux.
Des IJ exceptionnels
Si elles ont contracté le coronavirus, les professions libérales perçoivent des indemnités
journalières (IJ) à partir du 4ème jour d’arrêt maladie. Normalement, les médecins,
chirurgiens-dentistes, sages-femmes, auxiliaires médicaux (masseurs-kinésithérapeutes,
infirmiers, pédicures-podologues, orthophonistes, orthoptistes), experts-comptables et avocats
touchent des IJ pour maladie seulement au 91ème jour d’arrêt. Les pharmaciens, vétérinaires,
notaires, officiers ministériels (huissiers, commissaires-priseurs, administrateurs judiciaires,
greffiers), agents généraux d’assurance, architectes et géomètres-experts ne sont, en temps
normal, pas indemnisés.
Les libéraux sont également indemnisés s’ils ont été exposés au Covid-19 parce qu’ils ont été
en contact avec une personne contaminée ou parce qu’ils ont été dans un foyer épidémique.
Idem pour ceux qui sont obligés de garder leurs enfants à domicile parce que leur
établissement scolaire est fermé à cause de l’épidémie. L’Assurance maladie a décidé de
majorer les IJ versées aux professions libérales de santé particulièrement confrontées au
coronavirus. L’indemnisation s’élève à 112 euros par jour pour les professions médicales
(médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes) et 72 euros par jour pour les professions
paramédicales (pharmaciens, auxiliaires médicaux…), contre 55 euros par jour en moyenne
pour les autres libéraux.
Des cotisations reportées ou suspendues
La Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF) a annoncé le 17 mars 2020
la suspension du prélèvement mensuel des cotisations vieillesse et d’invalidité-décès de début
avril. La Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes
(CARCDSF) a décidé de faire la même chose. De son côté, la Caisse d'assurance vieillesse
des pharmaciens (CAVP) suspend les prélèvements des cotisations retraite et prévoyance des
mois de mars et avril pour les biologistes de laboratoires, tandis les pharmaciens d’officine en
difficulté peuvent demander d’étaler le paiement des cotisations. Le prélèvement des
cotisations de la Carpimko, la caisse de retraite et de prévoyance des auxiliaires médicaux, est
suspendu jusqu’au 30 avril.
La Caisse d’assurance vieillesse des experts-comptables et commissaires aux comptes
(Cavec) décale le paiement de l'acompte de cotisations 2020, correspondant à 50% de la
cotisation 2019, au 30 mai, au lieu du 30 avril. Les prélèvements de cotisations à la Caisse
d’assurance vieillesse des officiers ministériels (Cavom) sont décalés de deux mois. La
CNBF, la caisse de retraite des avocats, ne prélèvera pas l’échéance de mars qui sera répartie
tous les mois jusqu’en décembre. La Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance
vieillesse (Cipav), la caisse de retraite des architectes et géomètres-experts, ne débitera pas la
prochaine échéance auprès des adhérents qui règlent leurs cotisations par prélèvements
mensuels. « La reprise des encaissements sera décidée le moment venu en fonction de
l’évolution de la situation, de la sortie de crise et de la reprise de l’activité économique », a
précisé la Cipav dans un communiqué publié le 17 mars 2020.